Samedi 7 novembre 2009

Le débat sur l'identité nationale, lancé par Eric Besson, encore violemment hué à Sciences Po, interpelle. Une nouvelle fois, les mêmes idées sous-jacentes ressurgissent: il y aurait des bons et mauvais Français et l'on pourrait le définir dès maintenant. Mais si l'on regarde les Français d'hier dont nous sommes fiers aujourd'hui, cela semble un peu plus compliqué. Impossible, pour caricaturer, de savoir qui du ministre de l'Immigration ou du jeune qui fuit un contrôle de police en scooter, sera au final le plus vanté et admiré par les générations suivantes. En littérature, par exemple. Parce que la France aime se vanter de son talent culturel, surtout de ses écrivains. (N'est-ce pas le seul domaine du prix Nobel où ce ne sont pas les Américains les premiers ?) Voici six exemples choisis subjectivement.



Bonjour, je m'appelle
François Rabelais. Je suis né à la fin du XVe siècle et je suis mort au milieu du XVIe. J'aimais manier la satire. J'ai écrit notamment Gargantua et Pantagruel. A mon époque, mes livres ont été très critiqués par les instances religieuses. J'ai été condamné pour apostasie puis absous. Certains de mes livres ont été mis à l'Index librorum prohibitorum qui est la liste des ouvrages que les catholiques romains ne pouvaient pas lire. Des écrivains, des savants ou des philosophes comme Copernic, Diderot, Pascal, Rousseau, Descartes, Laurence Sterne, Voltaire, Daniel Defoe, Balzac, Larousse, étaient aussi dans cette liste. Aujourd'hui, on loue mes qualités d'écrivain, mon humour, la richesse de ma langue, mon humanisme. Je suis un symbole de la France.


Bonjour, je suis le Marquis de Sade. Je suis né en 1740 et
mort en 1814 à l'asile de Charenton. Un néologisme a été créé à partir de mon nom: le sadisme. La plupart de mes écrits mêle domination, érotisme, violence et tortures. Mon oeuvre a été censurée jusqu'après la deuxième guerre mondiale. Dès ma jeunesse, j'aimais jouer de l'argent et fréquenter les bordels. La police me surveillait. J'ai été douze ans en prison, treize ans chez les fous. Mes écrits faisaient autant peur par le côté subversif qu'érotique. Je dérangeais. Il a fallu attendre 1990 pour que j'entre dans la bibliothèque de la Pléiade. Aujourd'hui, dans le monde occidental, si l'on parle de la culture française, si l'on mêle littérature, érotisme et subversion, à un moment ou un autre de la conversation, on parlera de moi. Je suis un symbole de la France.


Bonjour, je m'appelle Charles Baudelaire. Je suis né en 1821 et mort en 1867. Vous me connaissez bien, vous m'avez forcément étudié un jour ou l'autre. En primaire, au collège, au lycée, en prépa, à l'université. Tout le temps, finalement. J'ai renouvelé la poésie, j'ai été le passeur entre l'ancienne et les modernes, Rimbaud et les autres. Quand j'étais jeune, j'ai été renvoyé du Lycée Louis-le-Grand et mon beau-père trouvait que je menais une vie «scandaleuse». Mon recueil le plus célèbre,
les Fleurs du Mal, a été poursuivi peu après sa parution pour «offense à la morale religieuse» et «outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs». J'ai été refusé à l'Académie française, je me suis exilé un temps en Belgique où j'ai écrit Pauvre Belgique, un pamphlet contre ce pays, caricature miniature de la France à mes yeux. Je suis un des poètes mondiaux les plus célèbres. En France, même quelqu'un qui n'a jamais lu de poésie dans sa vie, connaît mon nom. Je suis un symbole de la France.


Bonjour, je me nomme Victor Hugo.
Je suis le XIX ème siècle à moi tout seul. Je suis un écrivain, un dramaturge, un poète, un homme politique, un académicien. Vous m'avez tous étudié un jour en classe, même juste un extrait. Presque tous, vous pouvez citer les noms de plusieurs de mes romans. A ma mort, des funérailles grandioses ont été organisées. J'ai été transféré directement au Panthéon, un million de personnes ont suivi mon cortège funèbre à travers Paris. Pourtant, après le coup d'État de Napoléon le petit en 1851, je me suis exilé, ne pouvant accepter ce «crime». Dans mon oeuvre Les Châtiments, j'ai vertement critiqué le Second Empire. J'ai dû attendre la Troisième République pour retourner en France. Je suis plus qu'un symbole, je suis la France.


Salut, je m'appelle Arthur Rimbaud. Je suis né en 1854 et mort en 1891. De mon temps, j'ai été très peu connu. Je viens de Charleville. J'ai détesté là-bas la morale bourgeoise et l'ordre établi. J'ai fui à Paris, j'ai dormi en prison car je n'avais pas payé mon billet de train. J'ai rencontré des artistes alcooliques et
j'ai couché avec Verlaine alors qu'il était marié. Nous nous sommes aimés, nous nous sommes battus. Très jeune, j'ai écrit des poésies qui sont encore très lues aujourd'hui et qui ont inspiré des peintres, des cinéastes, des poètes, des écrivains, des chanteurs et même des hommes politiques. Oui, une fois, Jacques Chirac a utilisé un de mes néologismes dans un de ces discours: abracadabrantesque. A chaque commémoration possible, on en fait des tonnes sur mon talent, on me célèbre à tout va, du prof au ministre de la culture en passant par les journalistes. Pourtant, je n'ai rien fait pour. J'étais homo alors que c'était interdit, j'ai arrêté jeune d'écrire, je me suis moqué des institutions, de la morale établie et de l'armée. J'ai même trafiqué des armes au loin, à Aden. Et pourtant, qui l'on citera quand dans une Ambassade, lors d'une réception chic, l'on vantera les talents de la France, la fronderie et le génie littéraire ? Moi, évidemment. Pour vous servir. Je suis un des symboles de la France.


Je m'appelle Louis-Ferdinand Céline.... De cette liste, je suis sans doute le plus polémique... Et pourtant, quel talent!... J'étais médecin et écrivain... Aujourd'hui, je suis dans la Pléiade et l'un des Français du XX ème siècle les plus traduits... après
cet homosexuel de Proust... Je suis né en 1894 et mort en 1961... Mon style exprime une époque... Passage d'un monde paysan à l'industriel... L'horreur de la guerre.... Mon oeuvre la plus connue est Voyage au bout de la nuit... Dans un Château l'Autre, je préfère juste dire Le Voyage... J'étais antisémite, j'ai soutenu l'Allemagne nazie et publié des pamphlets contre les juifs...au débarquement, j'ai fui... J'ai été condamné à un an de prison et à une forte amende... Personne ne l'oublie mais cela n'empêche pas beaucoup d'auteurs de me citer ou de déclarer que mon style les a inspiré.... Je fascine... Pour les commémorations, il faudra attendre encore un peu mais on m'étudie en classe déjà... S'il ne doit rester que cinq écrivains français au XXème siècle, je suis le premier de ces cinq... Vous ne le voulez sans doute pas, mais vous n'y pouvez rien, je suis un des symboles de la France.


Quentin Girard



http://www.slate.fr/story/12679/et-si-lidentite-francaise-cetait-detre-un-mauvais-francais


BOYCOTTONS CETTE HONTEUSE CONSULTATION !


Par Michel Debray - Publié dans : CQFB : ce qu'il faut boycotter - Communauté : Graines d'Ananar
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Vendredi 30 octobre 2009

Cortix : étranges méthodes pour un marchand de sites

Par François Krug | Eco89 | 04/01/2009 | 22H25

 

Un des succès du web français tournera-t-il au scandale ? La start-up Cortix, cotée en Bourse et implantée dans toute l'Europe, propose aux petites entreprises une offre simple : un site clé en mains, pour presque rien.

Mais plus d'une centaine de clients ont porté plainte en découvrant qu'un montage juridique et financier les obligeait, en fait, à verser des milliers d'euros pour un résultat bâclé. Cortix contre-attaque en chargeant des cabinets spécialisés d'enquêter sur les plaignants et de nettoyer Internet.

L'enjeu est important. Neuf ans après sa création à Bordeaux, la start-up est devenue un véritable groupe. Avec plus de 400 employés, des filiales en Tunisie, des agences dans toute la France mais aussi en Belgique, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Et selon son rapport financier 2007-2008, Cortix est en pleine forme, avec un chiffre d'affaires de 28,2 millions d'euros (+98% en un an) et un bénéfice de 1,7 million (+138%).

Pour son PDG, Hassane Hamza, la consécration est venue en décembre 2007, avec l'introduction sur Alternext, le marché boursier des PME. Le trentenaire se targue aussi d'avoir accompagné Nicolas Sarkozy lors d'un voyage officiel en Tunisie, et d'accumuler les trophées professionnels. Son intuition a payé : Cortix s'est imposé, selon ses propres termes, comme le « facilitateur de business » des petits patrons.

Aujourd'hui, une partie des 20 000 clients, minoritaire mais très remontée, se rebiffe. Le groupe n'a pas voulu répondre à nos questions. Mais les témoignages recueillis par Eco89 et les documents financiers apportent des explications peu flatteuses au succès de Cortix :

  • Des commerciaux entretenant le flou sur les conditions réelles du contrat
  • Des sites low-cost fabriqués à la chaîne en Tunisie et vendus au prix fort en France
  • Des rentrées d'argent rapides grâce à la revente des contrats à des sociétés de crédit

« J'ai fait l'erreur du petit entrepreneur »

Capture d'écran d'un site CortixMi-septembre, Agnès Cojan, patronne d'une petite entreprise d'assainissement à Lunel (Hérault), reçoit la visite d'un commercial de Cortix.

La conversation, très cordiale, dure trois heures. Et se conclut, raconte l'intéressée, par une offre généreuse : sa société étant la première à être démarchée dans le coin, le site sera conçu gratuitement et les frais d'hébergement resteront modiques. A condition de fournir à Cortix une liste d'autres entreprises locales susceptibles d'être intéressées.

Agnès Cojan signe, mais quelques détails auraient dû l'étonner. Le contrat, dont la case « créancier » reste vide, annonce des mensualités de 143,52 euros. Sans fournir le montant total. Or, en petits caractères, le document précise que l'engagement court pour 48 mois, « durée ferme et irrévocable ». Soit une facture de presque 6 900 euros :

« J'ai fait l'erreur du petit entrepreneur, je ne percute pas. Il y a une telle habileté dans la présentation que vous ne faites pas le calcul, je ne remarque pas que je m'engage pour quatre ans. »

Une semaine plus tard, Agnès Cojan adresse une demande de résiliation du contrat. Sans réponse. Et début novembre, son compte est prélevé de 562 euros par une société dont elle n'a jamais entendu parler, Parfip. Qui, face à ses protestations, lui rappelle les annexes du contrat : « Le client reconnaît au fournisseur le droit de céder les droits résultant du présent contrat à un cessionnaire. »

Cortix a en fait revendu le dossier à une société de « leasing », ou crédit-bail. Et après tout, la start-up a rempli sa part du contrat : le site est effectivement mis en ligne. Sauf qu'Agnès Cojan n'a fourni aucun des images et des textes devant l'alimenter. Le résultat : des photos de pelleteuses transforment sa modeste entreprise (« un seul technicien et une camionette Peugeot Expert ») en géant du BTP.

Des sites en copier-coller

Pour les textes, Cortix ne s'est pas foulé non plus. L'entreprise d'Agnès Cojan, ainsi, « vous souhaite la bienvenue sur son site et vous invite à découvrir les différents aspects de son activité ainsi que les multiples services qu'elle met à votre disposition ». Mais les clients de la start-up semblent manquer singulièrement d'imagination : des copier-coller et des recherches sur Google font apparaître exactement les mêmes formules sur des dizaines de sites.

Capture d'écran d'un site CortixComme celui d'un ramoneur de Laval (Mayenne) qui, contacté par Eco89, se dit satisfait des services de Cortix.

L'artisan assure avoir signé un contrat d'un an. Mais vérification faite, il s'est bien engagé lui aussi pour quatre ans. « Efficacité, fiabilité et respect des délais sont les maîtres mots de notre notoriété et notre réputation », assure en tout cas son site. « Notre devise est la satisfaction du client. »

Capture d'écran d'un site CortixCette devise, c'est aussi celle d'une carrosserie de Jujurieux (Ain). Son patron se dit lui aussi satisfait, mais admet que les photos choisies par Cortix, comme ce couple circulant en décapotable sur une avenue bordée de palmiers, sont un peu éloignées de la réalité. « Nous tenons à vous offrir la meilleure qualité possible à des prix abordables », indique le site. « A cet égard, nous mettons à votre disposition tout notre savoir-faire et notre expérience pour vous apporter le plus de satisfaction possible. »

Capture d'écran d'un site CortixLa même ambition anime une agence immobilière de Lambersart (Nord). Sa gérante aimerait que Cortix l'aide à modifier le site, mais « c'est nous qui devons faire tout le travail ». Les clients ne devraient cependant pas manquer, avec de tels arguments sur le site : « Notre équipe est formée de professionnels qualifiés et compétents, tous voués au travail bien fait et ne lésinent aucun effort (sic) pour vous satisfaire. »

A l'autre bout de la France, des éleveurs de chevaux de La Salvetat-Lauragais (Haute-Garonne), eux non plus, « ne lésinent aucun effort ». Leur site a été désactivé récemment. Mais lorsqu'Eco89 l'avait contacté, le patron de l'exploitation, Thierry Bouyssou, était furieux :

« Ici, on est brave, on est droit. On sait recevoir les gens. Le commercial est resté bouffer, il était super sympa, on lui a montré les chevaux… Il a profité de ce que je ne connaissais pas l'informatique. »

Plus d'une centaine de plaintes pour tromperie

A priori, les clients mécontents ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Le contrat ? Une lecture attentive aurait permis d'en connaître la durée et le montant réels, et de deviner qu'il se transformerait en un crédit très contraignant. Les sites ? Rien n'empêchait d'envoyer à Cortix des textes plus originaux et des photos plus proches de la réalité. Mais l'affaire intéresse désormais la justice.

Selon le parquet de Bordeaux, plus d'une centaine de plaintes pour tromperie ont été déposées depuis 2006 devant le tribunal de grande instance. L'instruction, en cours, n'a pour l'instant débouché sur aucune mise en examen. Cortix et certains de ses partenaires financiers sont également poursuivis au civil, devant plusieurs tribunaux de commerce. « C'est plus rapide, l'objectif étant d'abord d'obtenir la résiliation des contrats », explique un des avocats.

Capture d'écran d'un site CortixDeux associations tentent de regrouper les témoignages et les plaintes : Xit Roc (soit « Cortix » à l'envers), et l'Adcapi, l'Association de défense contre les abus des prestataires de l'Internet, qui revendique 200 adhérents.

Son président, Gilles Guilley, est plombier à Landudec (Finistère). Il a porté plainte contre Cortix et Parfip (en étant lui-même poursuivi en diffamation par la start-up pour des accusations lancées sur le web) :

« Je ne peux pas contester la légalité du contrat, mais la façon de le commercialiser. Je ne me bats pas sur le prix, je me bats sur une méthode de vente. »

Cette méthode, bien connue des commerciaux, c'est celle du « one shot » : une visite à domicile ou sur le lieu de travail, et la signature d'un contrat sur-le-champ. Rien d'illégal, sauf si le commercial a menti ou oublié volontairement certains détails, ou si le produit acheté ne correspond pas à ce qui avait été promis. Difficile à prouver. Les avocats comptent sur l'accumulation de plaintes étrangement similaires pour convaincre la justice.

L'industrialisation du web

Au-delà de la méthode commerciale, le succès de Cortix repose sur une industrialisation du web et sur des montages financiers habiles -et parfaitement légaux. Comme la start-up, son partenaire Parfip n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Une partie des réponses se trouvent en fait dans le document réglementaire présenté aux investisseurs lors de l'introduction en Bourse, fin 2007, et dans une analyse du cabinet Arkeon Finance.

Première surprise : Cortix réalise une bonne partie de son chiffre d'affaires… en se débarrassant de ses clients. Il cède les contrats dès leur signature à une société de « leasing », qui lui verse immédiatement, en moyenne, la moitié du montant total. L'encre est à peine sèche que l'argent rentre déjà dans les caisses. Et il continuera à rentrer car, pendant les quatre ans suivants, Cortix se verra reverser 15% de chaque mensualité, au titre des frais de maintenance du site.

Et au bout de ces quatre ans ? Cortix reprend le contrôle, et touche l'intégralité des mensualités. Car le contrat n'est pas pour autant arrivé à expiration : très flou sur ce point, le document adressé aux investisseurs évoque un simple « renouvellement » ou une « reconduction tacite ». Et s'il décide de rompre, le client risque bien d'être privé de site. Il n'en est pas le propriétaire, mais un simple locataire : la start-up détient en effet les droits d'auteur du site.

Pour Cortix, l'essentiel ne se joue en fait pas à son siège de Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, mais en Tunisie. Ce sont les opérateurs locaux de sa filiale Proxitel Communication qui démarchent les petits patrons français. Et c'est aussi là-bas que sont conçus la plupart des sites, à partir d'un catalogue standardisé. Et à un coût très éloigné du montant des contrats : selon Arkeon Finance, un site revient à 200 euros, pour trois à quatre heures de travail.

La méthode de vente est elle aussi standardisée. Sur 30 appels par heure, les opérateurs de Proxitel Communication décrochent au moins un rendez-vous. Et sur le terrain, les commerciaux sont eux aussi efficaces : un rendez-vous sur cinq se conclut par la signature d'un contrat. Ils ont, au préalable, bénéficié d'une formation par Cortix. De quoi renforcer les soupçons des plaignants sur la méthode de vente de la start-up.

Fermeture de la page de Wikipedia sur Cortix

Pour défendre sa réputation, Cortix sort les grands moyens. Le document remis aux investisseurs évoque, comme l'exige la réglementation, les litiges : à l'époque, 47 plaintes devant le tribunal de grande instance. Et annonce, en réplique, le dépôt de 47 procédures contre les plaignants, pour « chantage » et « dénonciation calomnieuse ». Cortix a même fait appel à un des principaux cabinets d'intelligence économique, Kroll :

« Après enquête réalisée par un cabinet spécialisé (Kroll) dans ce type de procédure, l'action sous-jacente d'un concurrent de Cortix a été avérée avec la complicité active d'une avocate bordelaise. »

Les avocats de plaignants joints par Eco89 démentent, sans surprise, mais refusent d'être identifiés dans cet article. L'un d'entre eux nous a mis en garde dès le début de la conversation : « Vous voulez parler de Cortix ? J'espère que vous avez un bon avocat ! »

Cortix a également fait appel à un des meilleurs spécialistes de la « web réputation », le cabinet Hington Klarsey. Résultat : plusieurs plaintes pour diffamation à l'égard de clients un peu trop remontés, la fermeture de forums et de blogs, mais aussi celle de la page concernant Cortix sur Wikipedia.

Une fermeture surprenante, car temporaire. Le 2 octobre, le tribunal de commerce de Paris a approuvé la demande de Hington Klarsey, en précisant que la fermeture deviendrait « caduque » trente jours plus tard si une nouvelle procédure n'était pas engagée. La page est à nouveau en ligne, débarrassée des attaques les plus virulentes. « Certaines de leurs demandes étaient fondées, car les auteurs n'avaient pas fourni de sources », admet Christophe Henner, un des administrateurs de Wikipedia en France.

« Le commerçant est une cible de choix »

Mais chez les représentants de l'artisanat et du petit commerce, la méfiance monte. Dès 2006, Sylvain Marion, secrétaire général de la Fédération nationale de l'épicerie, avait invité ses adhérents à se méfier de certains prestataires. En se gardant bien de nommer ceux qu'il visait.

C'est avec la même prudence qu'il a répondu à Eco89, en s'en tenant à des remarques générales :

« La démarche est très ciblée, vers des entreprises jeunes qui viennent de se créer ou d'être reprises, en milieu rural ou dans des villes moyennes. Le commerçant a besoin de développer sa notoriété, c'est une cible de choix. C'est une solution qui pourrait paraître intéressante et abordable. C'est là-dessus que le piège fonctionne. Et c'est indolore car on ne verse que de petites sommes. »

Et pour Sylvain Marion, les commerçants estimant avoir été trompés préfèrent garder le silence :

« Il y a une certaine honte de s'être fait berner. Il y a une tendance à se recroqueviller sur soi-même ou à tourner la page. Les entreprises qui pratiquent ce genre de système le savent. »

Si la justice donne tort aux clients mécontents, l'avenir de Cortix paraît prometteur. Les analystes d'Arkeon Finance notent qu'avec plus de deux millions de très petites entreprises en France, la start-up dispose d'une « clientèle captive » importante, prête à payer pour des services supplémentaires. Et, en unifiant son réseau de sites sous la forme d'un immense portail, elle pourra attirer la publicité. Avant de passer à la vitesse supérieure, en séduisant les grandes entreprises, bien plus riches.

http://eco.rue89.com/2009/01/04/cortix-etranges-methodes-pour-un-marchand-de-sites

Par Michel Debray - Publié dans : Treus du tchul - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 29 octobre 2009

Réjouis-toi !
Ce mois de novembre ne sera pas celui des morts

mais celui des
concerts gratuits !

 

JEUDI 5 NOVEMBRE : 22 H


Dans le cadre d'une soirée qui m'a l'air bien à fond sur une péniche cinéma
accostée à coté du Cabaret Sauvage, près du Zénith  (M° Porte de la Villette ou Porte de Pantin)

nous jouerons vers 22h. Y aura des trucs délirants avant et après.

Voilà le flyer

SAMEDI 7 NOVEMBRE : 21 H

Pour clôturer un cycle de conférences sur les nouvelles façons de militer,
et fêter la sortie du bouquin de Cyril Cavalié et Sébastien Porte
nous jouerons vers 21h dans un charmant petit squatt artistique :
la Petite Rockette, 6 rue St Maur  (M° Voltaire)

Le programme des conférences bientôt ici : www.un-nouvel-art-de-militer.info

 

Les 2 événements sont gratuits.

 

www.Marijane.fr

Par Michel Debray - Publié dans : Faiseux d'bruits - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 16 octobre 2009

On aurait aimé que ce soit un canular, mais c’est une information vérifiée : le 24 novembre prochain aura lieu à Paris une cérémonie dont le casting est proprement ahurissant au regard de l’actualité française et internationale.

Ce jour-là, le cardinal archevêque de Tegucigalpa, Oscar Rodriguez Maradiaga, et l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, recevront les insignes de docteur honoris causa de l’Institut catholique de Paris. Et leur panégyrique (Laudatio) sera prononcé respectivement par Monseigneur Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, et Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE).

Il faut vraiment croire que les puissances invitantes, à savoir le cardinal André Vingt-Trois, et le recteur de l’Institut, Pierre Cahné, vivent sur une autre planète pour oser mettre en scène publiquement cette nouvelle alliance du sabre, du goupillon… et de la salle de marchés.

On ose espérer que l’invitation au cardinal Maradiaga reposait sur l’image « progressiste » que le prélat avait su se donner ces dernières années, notamment lors de sa candidature à la succession de Jean-Paul II. Mais les autorités de l’Institut catholique auraient dû se renseigner et lire ses déclarations après le coup d’Etat du 28 juin dernier au Honduras. Non seulement, comme d’ailleurs les autres membres de la Conférence épiscopale hondurienne et, dit-il, avec le plein soutien du Vatican, il n’a pas dénoncé le putsch, mais il l’a au contraire légitimé en déclarant que « les documents prouvent que les institutions ont correctement fonctionné et que la Constitution a été respectée ». Il n’a pas condamné ni même évoqué les assassinats, les tortures et les arrestations massives dont s’est rendu coupable le gouvernement de facto. Pas non plus un mot sur la suppression de toutes les libertés civiques, sur la fermeture de tous les moyens de communication qui n’avaient pas fait allégeance aux putschistes, en particulier la station de radio des Jésuites, Radio Progreso. Le goupillon du cardinal a aspergé d’eau bénite le sabre putschiste.

 Voilà le récipiendaire du doctorat honoris causa de l’Institut catholique dont l’archevêque de Clermont s’apprête à célébrer les qualités. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui a condamné le coup d’Etat et continue de reconnaître officiellement le président Zelaya, devrait logiquement refuser le visa d’entrée en France à ce prélat considéré comme putschiste par le gouvernement légal.

Les états de service dont peut se prévaloir Michel Camdessus sont d’un autre ordre : il n’a certes jamais trempé dans une action armée, mais les politiques qu’il a impulsées à la tête du FMI, de 1987 à 2000, ont été infiniment plus coûteuses en détresse et en vies humaines que celles de la soldatesque hondurienne. Sa trajectoire est l’inverse de celle du cardinal de Tegucigalpa : il pose volontiers aujourd’hui à l’adepte de la mondialisation « à visage humain », alors que pendant des années, il a imposé d’impitoyables plans d’ajustement structurel aux malheureux pays qui avaient recours à son « aide ».

Grâce aux « recettes » du FMI, il a à son actif, si l’on peut dire, la création ou l’aggravation d’une dizaine de crises financières majeures, de celle du Mexique en 1994 à celle du Brésil en 1999. Fanatique du marché et de la libéralisation financière qui, pour lui, « demeure le but final correct », il s’est toujours désintéressé des conséquences sociales des mesures qu’il imposait. Après les émeutes de la faim qu’elles provoquèrent en 1997 en Indonésie, et la violente répression qui s’ensuivit, ce catholique pratiquant expédia ainsi ses regrets aux familles des victimes : « Je n’avais pas prévu que l’armée allait tirer sur la foule »…

Il n’y a certainement aucun pays du Sud où une institution universitaire accorderait une distinction à Michel Camdessus. Tout porte même à croire que sa venue dans un établissement d’enseignement supérieur provoquerait des troubles. Est-ce cette persévérance dans l’erreur, à peine compensée par des bribes tardives de repentance, que va récompenser l’Institut catholique ?

Que Jean-Claude Trichet ait été sollicité pour faire le panégyrique de l’ancien directeur général du FMI complète un tableau franchement caricatural. Le président de la BCE partage avec le récipiendaire une absolue certitude des bienfaits de l’orthodoxie monétaire et un souverain mépris des instances élues. Avec eux, les salles de marchés font leur entrée officielle dans les hauts lieux du savoir. La finance n’a que faire des franchises universitaires qui, pourtant, s’imposent encore à la police…

Tout cela fait beaucoup pour une seule journée. Certainement, le 24 novembre à 19 h, on refusera du monde à la « Catho »…

Bernard Cassen

http://www.medelu.org/spip.php?article282

Epinglage précédent ; http://le.poil.dans.la.main.over-blog.com/article-23822898.html

Par Michel Debray - Publié dans : Treus du tchul - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 15 octobre 2009
Par Michel Debray - Publié dans : Treus du tchul - Communauté : Ricanons
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