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Tout d'abord évacuons quelques menues broutilles.
Dans ce formidable bouillonnement d'intelligence et de créativité qui agite Avignon pendant trois semaines de juillet, il est des peine-à-jouir, d'indécrottables bourrus, des revenus de tout qui ne partirent jamais très loin, des blasés professant un cynisme qui veut se faire passer pour de l'humour qui font la moue sur le Festival Off le faisant facilement rimer avec "beauf'". Disons-le haut et fort : nous ne sommes pas de cette engeance qui boude ses plaisirs dans le but de "faire moderne". Nous avons décidé une bonne foi (sic) pour toutes de sourire aux trouvailles naïves ou géniales des saltimbanques qui ne riment pas, eux, avec "banques".
Glissons pudiquement sur les remugles d'égouts à ciel ouvert qui hantent la saveur des salades composées de la rue des teinturiers : Avignon a toujours son cloaque maxime de l'époque gallo-romaine. Faire sa crotte à la Luna relève parfois de l'exploit sportif de haut niveau. J'avance une théorie : la population festivalière est - et c'est un bonheur - très majoritairement féminine. On sait que nos soeurs sont souvent sujettes à la constipation chronique. Dès lors, la cité papale ne se préoccupe que de loin des transits intestinaux et autres bassesses. Le côlon sensible et masculin devra donc prendre ses précautions et user de stratagème dont nous avons déjà fait état dans un texte resté célèbre : No cagaran !
Le festival In a perdu les couleurs de Jean Vilar que d'aucuns jugent depuis 1968 ringard, populiste et d'un pédagogisme dégoûtant. Que les Trissotins de la fausse provocation et de l'hermétisme imbécile le redoutent : Vilar n'est pas mort : il a ses descendants et ils sont plutôt dans le Off qu'un autre hurluberlu généreux créa jadis : André Benedetto. J'ai d'ailleurs lancé une plaisanterie cruelle qui fera sûrement florès : ce spectacle est tellement mauvais qu'il mériterait d'être dans le In !
Ce festival est jeune, féminin, parfois féministe. Je pourrais demeurer des heures, à une terrasse de café aux chaises bancales brinqueballant sur les petits pavés avignonais à contempler les belles tracteuses en costumes, les jolies passantes court vêtues, les comédiennes pressées repassant leur texte in petto, les attachées de presse, les chargées de production, les serveuses de restaurant, abeilles ouvrières, les photographes amatrices, les indigènes vauclusiennes brunes comme des Gitanes qui viennent voir en voisines. Elles ont toutes des sourires à tomber : ah ! c'est le paradis. Toute cette beauté intelligente, reprise sur les affiches qui souillent joliment la ville, ces imaginaires débridés, merveilleuse parenthèse estivale, Nom de Dieu comme c'est bon ! Le temps est court entre deux spectacles qui se donnent ici dans un garage où l'on a monté des tréteaux, là, dans une cour d'école ou dans un jardin où se trament les jeux et les drames de l'amour et du hasard. Dans cette superbe agitation renaissent Molière, Marivaux, Shakespeare...
On a investi du temps et de l'argent. Beaucoup. pour l'amour de l'art. Certaines compagnies ne résistent pas à une telle pression, à un travail harassant, à la promiscuité des égos, à la précarité des hébergements et des coups de foudres et explosent en vol. Celles-là ne reviendront pas, cigales éphémères, épuisées par la torride chaleur du théâtre.
Nous reviendrons, nous, inlassables spectateurs pour découvrir en une semaine une trentaine de spectacles sur plus d'un millier qu'offre le Off. Et dans cette sélection arbitraire, forcément arbitraire, nous retiendrons une poignée de pépites qui nous auront émus aux larmes.
MD - 3 août 2011
La Naïve
Emmanuel Prat
Un texte d'une exceptionnelle intelligence.
Claire Nebout dans La belle de Cadiz
Excellent !
Place des Carmes
Espace Pasteur
Kamel de "La Salsa"
Excellent !
Très drôle, en dépit du titre !
Très très bon !
Y en a que ça emmerde : un Céline éblouissant de vérité
Drôle ! Une chute inattendue !
Deux comédiennes extraordinaires dans la chose la plus drôle et la plus émouvante de ce festival : QUAND MÊME ! (la devise de Sarah Bernhardt)
Excellent et jubilatoire...
HEU - REUX !
Anne Bernex en tracteuse... Vue à Paris au Théâtre de 10 heures en novembre 2010...
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